Menacé aux Émirats, Airbus retrouve le sourire au Qatar

La compagnie Etihad, important client d’Airbus, connaît des difficultés financières. Heureusement pour le constructeur européen, les perspectives s’annoncent nettement plus positives chez le voisin qatari.

Qatar Airbus
Etihad en difficulté, Airbus impacté

En passe de fêter les 11 ans de son premier vol commercial, l’Airbus A380 est le symbole de l’affection que les compagnies aériennes du Golfe portent à Airbus. En effet, si le très gros porteur (pouvant emporter jusqu’à 850 passagers) tarde à remplir ses objectifs de vente, il a connu un grand succès régional : la Dubaïote Emirates et l’abudabienne Etihad possèdent à elles seules la moitié des 222 A380 déjà livrés, avec respectivement 102 et 10 appareils.

Néanmoins, les résultats financiers d’Etihad ne sont pas bons : la compagnie accuse une perte de 1,52 milliard de dollars en 2017 — en partie due à l’augmentation du prix du kérosène — après une perte 1,87 milliards en 2016 imputable à l’échec des investissements et des partenariats réalisés avec Alitalia et Air Berlin (cette dernière ayant déposé le bilan). Il faut remonter à 2015 pour trouver un bilan positif : 103 millions de dollars de bénéfice, mais sans prendre en compte les 270 millions de dollars de prêts sans intérêts et le 1,4 milliard de dollars versés par le gouvernement d’Abu Dhabi. Une subvention étatique qui entraîne une situation de concurrence déloyale mise en cause par de nombreuses compagnies, américaines notamment.

Malgré cette perfusion, la situation d’Etihad n’est pas viable la compagnie envisage de reporter ou d’annuler un certain nombre de commandes : outre des Boeing 777X, c’est 40 A350-900 et 22 Airbus A350-1000 qui sont menacés. L’A380 est également en danger, puisque le taux de remplissage très faible d’Etihad (78,5 % contre une moyenne mondiale de 81,5 %) laisse plus de 100 sièges vides par vol du quadriréacteur européen. Un sérieux problème lorsqu’on sait que celui-ci détient le record de l’heure de vol la plus onéreuse (près de 30 000 dollars).
Autre piste envisagée par Etihad : une fusion avec Emirates — une cousine plus grande et plus solide — ou de simples partenariats incluant des économies d’échelle portant notamment sur l’entretien et l’équipement de leurs flottes d’A380. Une solution que le président d’Emirates, Tim Clark, a cependant déclaré peu probable à court et moyen terme.
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Une bonne nouvelle nommée Qatar Airways

Mais Airbus ne doit pas aller chercher bien loin pour retrouver le sourire : le constructeur européen a récemment annoncé que Qatar Airways — qui possède une des flottes les plus récentes du monde — a converti cinq commandes d’A350-900 en A350-1000 de plus grande capacité (44 sièges supplémentaires). Avec un surcoût de 48,6 millions de dollars par unité, il s’agit donc d’un bonus de près de 250 millions de dollars pour Airbus. Une bonne nouvelle qui pourrait permettre de compenser les commandes annulées par Etihad.

Cette modification de commande renforce le positionnement de la compagnie qatarie en tant que principal client de l’A350-1000, avec une flotte de 42 appareils sur 185 avions passagers (dont 9 A380, soit un de moins qu’Air France).
Ce biréacteur de 366 millions de dollars répond à l’essor des vols long-courriers de Qatar Airways, élue en 2017 meilleure compagnie aérienne pour la quatrième fois de son histoire débutée en 1994.

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