CHARGEMENT

Tapez votre recherche

Présidentielle 2027 : les chefs d’entreprise français redoutent le prochain quinquennat

Actualités Politique

Présidentielle 2027 : les chefs d’entreprise français redoutent le prochain quinquennat

Partager

À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, l’inquiétude domine largement chez les dirigeants d’entreprise français. Une enquête publiée par le Medef à l’occasion de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) révèle que 82 % des patrons interrogés se montrent pessimistes quant aux conséquences que pourrait avoir la politique économique du prochain président de la République sur leur activité.

L’étude repose sur les réponses de 65 872 dirigeants recueillies entre le 15 avril et le 15 juillet. Elle est dévoilée alors que le Medef organise sa rentrée à Roland-Garros, où plusieurs personnalités politiques doivent venir présenter et confronter leurs orientations économiques.

Un débat doit notamment réunir jeudi Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier.

La fiscalité en tête des inquiétudes

Le constat dressé par l’organisation patronale est particulièrement sombre. Seulement 17 % des répondants se déclarent optimistes concernant les effets de la politique économique qui sera menée après l’élection, dont 2 % se disent très optimistes. À l’inverse, près de trois dirigeants sur dix affichent un très fort pessimisme.

L’enquête ne demande pas aux participants de se prononcer sur un candidat en particulier, mais plutôt sur leurs attentes et leurs craintes pour les prochaines années.

La fiscalité arrive largement en tête des préoccupations. Une augmentation des impôts et des charges pesant sur les entreprises inquiète 85 % des dirigeants interrogés. La complexification administrative et réglementaire est redoutée par 63 % d’entre eux, tandis que 62 % craignent une fiscalité plus lourde sur leurs revenus ou leur patrimoine.

D’autres réformes potentielles suscitent moins d’appréhension. Une réduction du temps de travail est ainsi citée comme une crainte par 18 % des répondants et une hausse généralisée des salaires par 16 %.

Réindustrialisation, fiscalité et simplification parmi les priorités

Les dirigeants interrogés expriment également clairement leurs attentes pour le prochain quinquennat. La réduction de la fiscalité est considérée comme prioritaire par 83 % des répondants, tandis que 81 % souhaitent que la réindustrialisation de la France occupe une place centrale dans les politiques publiques.

La simplification des normes recueille 75 % des réponses, soit autant que la réduction de la dette et des dépenses publiques.

D’autres sujets pourtant très présents dans le débat économique apparaissent plus loin dans leurs priorités. Seulement 35 % des chefs d’entreprise interrogés placent l’investissement dans l’intelligence artificielle parmi les chantiers prioritaires du prochain quinquennat.

L’accompagnement des entreprises dans leur transition écologique n’est cité que par 27 % des répondants. Une réduction des dépenses de santé est considérée comme prioritaire par 29 % d’entre eux, tandis que 28 % mentionnent un nouveau relèvement de l’âge de départ à la retraite.

L’Europe suscite également des réserves

Les interrogations du patronat ne concernent pas uniquement les choix qui seront effectués en France. Les chefs d’entreprise affichent également une certaine défiance concernant l’impact futur de l’Union européenne sur leur activité.

Seuls 11 % anticipent des effets positifs au cours des prochaines années. À l’inverse, 58 % se montrent pessimistes, tandis que près d’un tiers des personnes interrogées ne se prononcent pas.

Ces résultats traduisent notamment les préoccupations des entreprises autour de la réglementation et de leur compétitivité dans un environnement économique international marqué par une forte concurrence.

Une inquiétude qui pèse sur les projets des entrepreneurs

Les réponses deviennent encore plus préoccupantes lorsque les dirigeants sont interrogés sur l’avenir de leur propre entreprise. Dans l’hypothèse où la politique économique resterait globalement inchangée au cours du prochain quinquennat, 66 % estiment que leur société pourrait se fragiliser, voire disparaître.

À l’inverse, 20 % pensent pouvoir maintenir ou développer leur activité. Par ailleurs, 13 % envisageraient de privilégier leur croissance à l’international plutôt qu’en France.

Le pessimisme se retrouve également dans les conseils qu’ils donneraient à de futurs entrepreneurs. Seulement un dirigeant sur cinq recommanderait aujourd’hui à un jeune de créer son entreprise en France en tenant compte de la prochaine présidentielle. Près d’un tiers lui conseillerait de renoncer à son projet entrepreneurial, tandis que 39 % privilégieraient une création d’entreprise à l’étranger.

À l’approche de 2027, le climat économique apparaît donc comme un enjeu majeur pour le monde patronal. Fiscalité, dépenses publiques, simplification administrative et réindustrialisation devraient occuper une place importante dans les échanges entre les organisations professionnelles et les candidats à la présidence.

Tags: