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Face à la pénurie de tests, la réponse des start-ups

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Face à la pénurie de tests, la réponse des start-ups

La Rédaction
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La pénurie de tests a encouragé les startups et les grandes entreprises à réadapter leur capacité de production à la crise sanitaire actuelle.

« Testez les gens ». Dans l’incertitude de l’épidémie de Covid-19, la stratégie du testing systématique des populations a été au cœur des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé aux différents pays. Si le testing massif a été diversement appliqué au plein cœur de la crise, il est aujourd’hui partagé par l’ensemble des États. Face à une demande internationale croissante, les géants du secteur, mais aussi les start-ups, ont fait preuve d’une adaptabilité sans faille pour combler les failles capacitaires de certains pays. Parmi elles, Clear Labs, startup ayant bénéficié du soutien du fonds d’investissement SGH Capital, ou encore NG Biotech. 

Une demande mondiale croissante

Aujourd’hui, la demande mondiale s’envole. En effet, si l’épidémie semble peu ou prou éteinte en Chine et qu’elle recule doucement en Europe, d’autres foyers de contagion se développent de manière exponentielle en Amérique du Sud. De même, la crainte d’une seconde vague à court ou moyen-terme encourage les Etats à stocker massivement des tests. La France, qui s’est tristement distinguée par l’un des taux de tests par habitant parmi les plus faibles du monde, s’est engagée à pouvoir fournir 700 000 tests par semaine à sa population. Les acteurs classiques de la santé publique se sont mis en ordre de bataille pour renforcer les capacités des États. Centres de recherche, entreprises pharmaceutiques, universités se sont ainsi mobilisés pour faire avancer la recherche sur le Covid-19 et, parallèlement, pour développer de nouveaux tests, plus efficaces, plus surs, plus rapides.

Une mobilisation nécessaire, car le processus d’homologation reste complexe. Et, entre l’innovation et la production en masse peut s’écouler un temps précieux. Sauf quand l’efficacité est au rendez-vous. « Pour développer et industrialiser un test en trois mois à peine, il ne suffit pas d’inventer quelque chose dans un labo, il faut y associer rapidement les volets clinique et industriel. Quand on a les trois ensemble, on va vite et on y arrive ! » indique Franck Molina, le directeur du centre de recherche mixte entreprise — recherche publique Sys2Diag, au journal du CNRS. Ce laboratoire est à l’origine de la création d’un test de dépistage Covid-19 salivaire, dont les résultats sont apportés en moins d’une demi-heure. Un quasi-record mondial dans un contexte où les résultats mettent, parfois, près de 48 heures avant d’arriver.

Une puissante mobilisation des MedTech en faveur de la distribution de tests

Les startups, françaises ou étrangères, ont été des alliés précieux des pouvoirs publics, qui ont su capitaliser sur leur sens de l’adaptabilité face à l’urgence. Le 4 juin dernier, Alain Le Roch, actionnaire de NG Biotech, annonçait que la startup allait se lancer dans la production et la commercialisation à grande échelle d’un test salivaire pour le Covid-19. Signe de l’intérêt des pouvoirs publics pour cette solution potentielle, un partenariat stratégique a été noué par le Commissariat à l’énergie atomique et le ministère des Armées. Une nouvelle avancée pour la jeune pousse bretonne qui s’était déjà, à la fin du mois de mars, engagée dans une production massive de tests sérologiques, recevant même une commande de 100 000 modèles de la part de l’AP-HP. Mais, dans l’urgence, beaucoup de gouvernements et d’autorités de santé publique ont accordé des autorisations de mise sur le marché ou passé des commandes massives pour des tests qui, in fine, n’offraient aucune garantie d’exactitude. Un article de la prestigieuse revue Nature avait même tiré, à la fin du mois d’avril dernier, la sonnette d’alarme. « Les kits ont inondé le marché, mais la plupart d’entre eux ne sont pas assez précis pour déterminer si une personne a été exposée au virus ou non », ont expliqué les scientifiques, rappelant aussi que, pour qu’un test soit jugé fiable, son exactitude devait atteindre a minima les 99 %. Exit les 20 à 30 % de faux positifs ou de faux négatifs qui ont, dans certains cas, sérieusement entamé la réputation de fiabilité de ces outils pourtant essentiels.

Mais, sur ce point aussi, les start-ups de la MedTech ont rappelé au marché que deux de leurs principales qualités étaient le sens de l’innovation et l’adaptabilité dans une temporalité très réduite à une demande exogène. Un chemin dans lequel s’est ainsi engagé Clear Labs, une jeune pousse américaine spécialisée dans la biotechnologie. La startup, qui propose des outils d’analyse moléculaire des aliments afin de permettre aux fabricants d’en évaluer la sécurité, souhaite étendre son expertise au marché de la santé, en développant des capacités de testing pour le Covid-19. Sa technologie de séquençage de nouvelle génération, présentée comme unique au monde, pourrait améliorer la disponibilité et la qualité du diagnostic des tests Covid-19. Pour y parvenir, et dans l’attente d’une autorisation de la FDA, la start-up vient de lever 18 millions d’euros auprès de grands investisseurs américains. Le décollage de Clear Labs avait en partie été permis par l’investissement du fonds d’investissement SGH Capital qui, dès 2015, avait investi et accompagné son développement. Le fonds, dirigé par le français Alexandre Azoulay, a prouvé sa capacité à se positionner sur les start-ups les plus prometteuses de l’écosystème MedTech avec d’autres réussites, comme la start-up de visioconsultation pédiatrique Blueberry Pediatrics.

La capacité des start-ups à réorienter massivement leur capacité de recherche et de production vers la production de tests a été un véritable crash-test pour le secteur des MedTech. Les réussites de certaines témoignent de la pertinence du modèle, dans un contexte sanitaire encore troublé.