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Industrie : le gouvernement vise 600 000 recrutements durables dès cette année

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Industrie : le gouvernement vise 600 000 recrutements durables dès cette année

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Le gouvernement veut accélérer les embauches dans l’industrie. En déplacement lundi sur le site d’Airbus Atlantic à Montoir-de-Bretagne, les ministres du Travail et de l’Industrie ont présenté une feuille de route destinée à répondre aux difficultés de recrutement dans un secteur stratégique pour l’économie française.

L’objectif affiché est ambitieux : atteindre 600 000 recrutements durables dès 2026, contre 580 000 en 2025. Sont concernés les CDI ainsi que les CDD de six mois ou plus. Sur les trois premiers mois de 2026, 125 000 embauches ont déjà été enregistrées.

Un secteur confronté à de fortes tensions

Pour l’exécutif, cette mobilisation est devenue indispensable. L’industrie française doit faire face à un important renouvellement de ses effectifs, avec près d’un million de départs à la retraite attendus d’ici 2030.

Parallèlement, environ 60 000 emplois restent vacants chaque année faute de candidats qualifiés. Plusieurs filières peinent à recruter, notamment sur les métiers techniques et spécialisés.

Les besoins sont particulièrement élevés dans certains secteurs. Le nucléaire devrait nécessiter environ 100 000 recrutements dans les prochaines années. La défense affiche elle aussi des besoins supérieurs à 100 000 personnes. La transition écologique, entre rénovation industrielle, nouvelles mobilités et énergies propres, pourrait représenter entre 200 000 et 400 000 postes supplémentaires. L’agriculture recherche également 150 000 travailleurs.

Trois priorités fixées par le gouvernement

La feuille de route présentée par les ministres repose sur trois axes principaux.

Le premier vise à renforcer l’attractivité de l’industrie, en particulier auprès des jeunes. Le gouvernement souhaite améliorer l’image du secteur et mieux faire connaître les opportunités de carrière qu’il propose.

Le deuxième axe concerne la formation initiale et continue. L’idée est d’adapter davantage les cursus scolaires, l’apprentissage et les reconversions aux besoins concrets des entreprises industrielles.

Enfin, le troisième objectif consiste à faciliter les recrutements tout en fidélisant les salariés déjà en poste.

France Travail en première ligne

L’opérateur public de l’emploi sera chargé d’accompagner cette dynamique. France Travail souhaite capter 50 % d’offres d’emploi supplémentaires émanant des entreprises industrielles.

L’organisme prévoit également de doubler le nombre d’immersions professionnelles réalisées par des candidats au sein d’entreprises du secteur, avec un objectif de 35 000 immersions. Ces dispositifs doivent permettre aux demandeurs d’emploi de découvrir les métiers industriels avant une éventuelle embauche.

Des publics prioritaires identifiés

Le gouvernement cible plusieurs catégories encore peu présentes dans l’industrie ou éloignées de l’emploi.

Les jeunes figurent parmi les priorités, notamment via l’alternance et l’apprentissage. Les femmes constituent également un vivier que l’exécutif souhaite mieux mobiliser dans des métiers encore largement masculins.

Les seniors, les demandeurs d’emploi de longue durée, les personnes en situation de handicap ainsi que les habitants des quartiers prioritaires font aussi partie des publics ciblés.

Un enjeu pour la réindustrialisation

Avec cette feuille de route, l’exécutif veut soutenir la réindustrialisation du pays et sécuriser les grands projets annoncés ces dernières années.

Car sans main-d’œuvre disponible, les ambitions françaises dans le nucléaire, la défense ou la transition écologique pourraient rapidement se heurter à la réalité du terrain. Le défi est désormais de transformer les annonces en recrutements concrets.

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