Heineken va supprimer entre 5 000 et 6 000 emplois d’ici 2028
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Confronté à une baisse de ses ventes et à un environnement économique jugé de plus en plus contraint, le brasseur néerlandais Heineken a annoncé un plan de réduction massif de ses effectifs. Entre 5 000 et 6 000 postes devraient être supprimés dans le monde d’ici deux ans, alors que le groupe tente de restaurer ses marges dans un contexte de consommation en repli.
Le groupe Heineken s’engage dans une nouvelle phase de restructuration d’ampleur. Le deuxième brasseur mondial a confirmé vouloir réduire ses effectifs de 5 000 à 6 000 salariés sur les deux prochaines années, invoquant des « conditions de marché difficiles » et la nécessité d’accélérer ses efforts de productivité à l’échelle internationale.
Dans un communiqué, la direction explique vouloir dégager des économies substantielles afin de préserver la rentabilité du groupe dans un environnement de plus en plus tendu pour l’industrie de la bière. La consommation marque le pas dans plusieurs grandes régions, tandis que les coûts opérationnels restent élevés.
Le directeur général du groupe, Dolf van den Brink, a reconnu que la visibilité à court terme restait limitée. « Nous restons prudents dans nos prévisions concernant l’évolution du marché de la bière », a-t-il déclaré, alors que le groupe observe un net ralentissement de ses volumes.
Cette annonce intervient dans un contexte managérial particulier. En janvier dernier, le dirigeant avait créé la surprise en annonçant son intention de quitter ses fonctions après près de six années à la tête du groupe. Il avait alors évoqué un climat économique et politique « turbulent », laissant entendre que la période à venir s’annonçait délicate pour le secteur.
Des volumes en recul, surtout en Europe et en Amérique
Sur l’exercice 2025, Heineken a enregistré une baisse globale de 2,4 % de ses volumes de bière. Le recul est particulièrement marqué en Europe et sur le continent américain, deux marchés historiques pour le groupe. Au premier semestre 2025, les ventes avaient déjà montré des signes de fragilité, avec un repli de l’activité estimé à environ 5 %.
Dans ce contexte, la comparaison avec son principal concurrent, AB InBev, souligne la pression qui pèse sur l’ensemble du secteur, confronté à l’évolution des habitudes de consommation, à l’inflation et à une concurrence accrue des boissons alternatives.
Sur le plan financier, le chiffre d’affaires du brasseur néerlandais s’est établi à 34,4 milliards d’euros en 2025, contre 36 milliards l’année précédente. Malgré ce recul de l’activité, le groupe est parvenu à améliorer certains de ses indicateurs de rentabilité. Le bénéfice net avant éléments exceptionnels et amortissements liés aux acquisitions atteint ainsi 2,7 milliards d’euros, en progression de 4,9 %.
Le bénéfice d’exploitation hors éléments exceptionnels et amortissements, indicateur de référence pour la direction, s’élève pour sa part à 4,4 milliards d’euros, soit une hausse de 4,4 % sur un an.
L’Europe particulièrement dans le viseur
Heineken emploie aujourd’hui environ 87 000 personnes dans le monde. Si le groupe n’a pas souhaité détailler la répartition géographique des suppressions de postes, la direction financière a clairement laissé entendre que l’Europe serait fortement concernée.
Le directeur financier, Harold van den Broek, a expliqué que le Vieux Continent représentait une part importante de l’activité du groupe, tout en offrant des perspectives de gains opérationnels limitées. Selon lui, les résultats financiers démontrent la difficulté à améliorer la performance industrielle et commerciale dans cette région.
Basé à Amsterdam, le groupe table désormais pour 2026 sur une progression de son bénéfice d’exploitation comprise entre 2 % et 6 %. Un objectif qui passe clairement par une réduction des coûts et une réorganisation interne de grande ampleur.
Pour Heineken, ce nouveau plan social marque une étape stratégique dans l’adaptation à un marché de la bière en pleine mutation, où la croissance ne peut plus être considérée comme acquise.

