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Recrutement : l’alternance a le vent en poupe malgré la crise

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Recrutement : l’alternance a le vent en poupe malgré la crise

La Rédaction
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Malgré la crise sanitaire, l’alternance continue de séduire. Grâce aux aides de l’État et à un véritable engouement tant des étudiants que des entreprises, jamais autant de contrats n’ont été signés. A l’image de l’école des métiers de la SNCF ou d’Hubside.Store Académie, des entreprises vont jusqu’à créer leurs propres programmes de formation en alternance. Une façon de concilier recrutement et formation, au service de l’employabilité des jeunes. 

Malgré la crise, des chiffres de recrutement en alternance record

Face à la crise sanitaire, les étudiants sont inquiets pour leur avenir. C’est ce que révèle le baromètre L’Etudiant, BVA et Orange sur la confiance dans l’avenir des 15-20 ans, paru le 10 mars dernier. 54% d’entre eux redoutent ainsi que leur diplôme perde de la valeur aux yeux des employeurs. Conséquence directe, 62% craignent de ne pas trouver d’emploi à l’issue de leurs études. D’autant que la recherche de stage est devenue plus difficile : selon la Dares, service statistique du ministère du Travail, le volume d’offres de stage a baissé de 20% en 2020 dans le secteur privé, et il pourrait en être de même cette année. Et si la solution à ces inquiétudes reposait sur l’alternance ? Cette pratique qui allie formation en cours et en entreprise ne semble pas connaître la crise. « Record pulvérisé », se félicitait fin 2020 la ministre du Travail Élisabeth Borne à propos des 420 000 contrats d’apprentissage signés l’an dernier, contre 353 000 en 2019. Soit une augmentation de 19% du nombre d’alternants en 2020. Pour Françoise Dobler, responsable du développement de l’alternance à GEM (Grenoble École de Management), « les entreprises savent ce que l’apprentissage leur apporte. La dynamique de ce modèle était forte avant la crise, elle le restera ». Thomas Froehlicher, directeur général de Rennes School of Business, abonde en ce sens : « l’alternance, chez nous, progresse de plus de 40% par an depuis deux ans ». Une dynamique largement soutenue par l’État. Le plan « 1 jeune, 1 solution », lancé en juillet dernier, propose ainsi des aides à l’embauche de jeunes en CDI, CDD ou en alternance (5 000 euros pour un mineur et 8 000 euros pour un alternant majeur). De quoi inciter les entreprises à embaucher des jeunes, et éviter l’apparition d’une « génération Covid » sacrifiée : selon Élisabeth Borne, « ce n’est pas sérieux de ne pas recruter un apprenti avec une aide de 8000 euros ».

École des métiers SNCF, Hubside.Store Académie, N Académie

Pour autant, l’obtention du précieux sésame de l’alternance n’est pas de tout repos. Et malgré les aides, la crise sanitaire ne rend pas les choses plus simples. Pour Aurélien Cardou, président de l’Association nationale des apprentis de France (ANAF), il existe un déséquilibre entre l’offre et la demande. Un constat confirmé par une étude d’OPCO Atlas, selon laquelle 20% des étudiants estiment que les offres sont insuffisantes. Pour faire face à cette situation, des entreprises lancent leurs propres centres de formation en alternance. A la SNCF, des milliers d’alternants sont ainsi formés au sein de l’entreprise, dans son école des métiers SNCF qui propose près de 40 formations techniques ou commerciales, du CAP au diplôme d’ingénieur. Le Président de la SNCF Jean-Pierre Farandou annonçait ainsi en septembre 2020 le recrutement de 7000 alternants, malgré la crise. Un dispositif d’alternance clé en main qu’a aussi déployé Hubside.Store, spécialiste de la téléphonie. L’enseigne, qui disposera d’une centaine de magasins en France d’ici à la fin de l’année, recrute 600 postes en CDI en 2021. Pour former ses futurs talents et accompagner son développement, Hubside.Store a lancé l’Hubside.Store Académie. Ce programme d’intégration et de formation en alternance débutera en septembre : « Si jamais il y a des jeunes qui sont très motivés, qui souhaitent avoir un plan de carrière, intégrer un groupe dynamique, qui se développe également à l’international, ils sont les bienvenus ! » précisait récemment Sadri Fegaier, PDG d’Hubside.Store. Pas moins de 100 élèves en alternance sont ainsi attendus pour la première promotion. D’autres entreprises ont choisi de bénéficier de la loi « Avenir professionnel », qui leur permet de créer leur propre centre de formation. C’est le cas par exemple du groupe Nicollin, spécialisé dans la gestion des déchets et le nettoyage industriel. En créant la N Académie, avec un parcours dédié au BTS « Métiers des services à l’environnement », le groupe espère proposer à ses jeunes « un emploi dès la fin du cursus », explique Olivier Nicollin, le PDG.

Pour étudiants et entreprises, l’alternance est gage d’employabilité

Les aides financières n’expliquent pas à elles seules l’engouement pour l’apprentissage. Entreprises comme étudiants y voient en effet un modèle vertueux, comme le confirme Vincent Cohas, vice-président de la FFP (Fédération de la formation professionnelle) : « L’année 2020 est restée sur la même dynamique malgré le contexte Covid. Bien sûr, cela a été rendu possible par les aides, mais aussi par la volonté des acteurs de la formation, entreprises, branches professionnelles, jeunes… Tout le monde confirme son intérêt pour ce modèle. » Pour les jeunes, c’est d’abord la garantie de combiner diplôme, financement d’études et une meilleure employabilité à l’issue. Chez Pigier Performance, qui se présente comme la Business School de l’alternance, le taux d’employabilité affiché en sortie de formation est de 80%. Les entreprises y trouvent aussi leur compte, d’abord financièrement : « L’alternance est un dispositif qui est très intéressant pour l’employeur en termes de coût, surtout pour une start-up comme la nôtre » explique Guillaume Jouffre, co-fondateur de la plateforme GreenGo. Selon lui, les aides de l’État en faveur de l’alternance permettent « de combler un besoin pour les entreprises et créer de nouvelles opportunités pour de jeunes acteurs sur le marché ». C’est aussi l’occasion de former un futur collaborateur, précise Benoît Belhache, talent acquisition specialist chez Claranet, entreprise spécialisée dans l’IT : « C’est du gagnant-gagnant pour le candidat et pour notre entreprise, car nous avons cette volonté de former les jeunes que nous accueillons. » 

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