Cigarette électronique : les bons chiffres de la vape

Les données récemment publiées à propos de la cigarette électronique montrent un véritable impact sur le sevrage tabagique, ainsi que la possibilité de réduire les risques du tabagisme pour les fumeurs qui ne veulent pas ou ne peuvent pas arrêter de fumer.

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98 % des vapoteurs étaient des fumeurs

Cigarette électronique et nouveaux produits du tabac (inhalateurs de tabac sans combustion et inhalateurs de nicotine sans tabac) ont été introduits sur le marché au tournant de la dernière décennie. Parce qu’ils sont si récents, nous disposons de peu d’informations pour les étudier. Cependant, les récentes études sur leur impact dans nos sociétés s’avèrent très encourageantes. Ainsi, l’INPES (Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé) nous révèle que plus de la moitié des fumeurs a essayé un de ces produits (57,8 %). En comparaison, seuls 5,6 % des non-fumeurs ont testé l’e-cigarette – un chiffre depuis en chute, ce qui souligne qu’il n’y a pas de réelle création d’addiction nouvelle du fait des e-cigarettes et consorts. On assiste au contraire à un transfert des cigarettes classiques vers le vapotage : en 2015, 98 % des vapoteurs étaient des fumeurs ou des ex-fumeurs (75 % des fumeurs réguliers, 8 % des fumeurs occasionnels et 15 % d’anciens fumeurs).

L’étude sortie en début de mois dans Santé publique France, intitulée « le tabagisme en France : comportements, mortalité attribuable et évaluation des dispositifs d’aide au sevrage », inverse la logique, et étudie les changements d’habitudes sous l’angle des vapoteurs. Elle met en perspective les comportements des vapoteurs, notamment par rapport à la cigarette. On apprend ainsi que la proportion d’ex-fumeurs au sein des vapoteurs – soit les fumeurs ayant définitivement délaissé la cigarette au profit de la cigarette électronique – a récemment encore augmenté, passant de 15 % à 26 %. On assiste donc à un phénomène où l’e-cigarette prend la place de la cigarette dans la vie d’un nombre croissant de fumeurs. L’étude se félicite ainsi de l’« efficacité potentielle de l’e-cigarette dans l’arrêt, au moins momentané, du tabac » avant d’ajouter que «  certaines études récentes ont d’ailleurs estimé que le vapotage est un moyen efficace de réduire la prévalence tabagique dans les pays où cette prévalence est élevée ».

14 % des fumeurs européens ont arrêté grâce à la cigarette électronique ou à un produit du tabac sans combustion

Cette tendance dépasse en effet l’hexagone. D’après le dernier baromètre sur la cigarette électronique et la prévalence tabagique, publié par l’Union européenne, 14 % des européens fumeurs ont réussi à se sevrer totalement grâce à la cigarette électronique. On estime ainsi aujourd’hui à 400 000 le nombre de personnes ayant arrêté de fumer des cigarettes grâce à la cigarette électronique. Certains ont même arrêté la cigarette électronique par la suite (24,2%), et n’apparaissent donc plus parmi les vapoteurs qui ont quitté la cigarette.

Mais plus généralement, 67,3 % des utilisateurs actuels de la cigarette électronique ont arrêté de fumer ou réduit leur consommation de tabac. Ces nouveaux produits ont donc un impact important sur le tabagisme, mais surtout changeant en fonction du consommateur. Les facteurs qui poussent un fumeur à vapoter ou à utiliser un produit du tabac sans combustion peuvent se recouper, mais ils s’accompagnent pour la plupart d’un comportement différent quant au tabac.

L’e-cigarette, meilleur moyen d’arrêter pour 92 % de la population

66 % des fumeurs vapoteurs et 80 % des ex-fumeurs vapoteurs invoquent les risques de la cigarette sur leur santé. La liberté d’utilisation a été déterminante pour 28 % des fumeurs vapoteurs et 20 % des ex-fumeurs et le respect de l’entourage (l’envie de ne pas déranger leurs proches et collègues) pour la moitié. En général, l’e-cigarette est perçue comme le meilleur moyen d’arrêter définitivement de fumer (92 % de la population, contre 3 % qui préconise la reprise du sport et 1 % les patchs nicotiniques). Et pour ceux qui alternent, la réduction du risque de maladies du fait des e-cigarettes serait de l’ordre de 95 % d’après les recherches de Public Health England.

Malgré ces progrès sensibles dans la réduction des risques liés au tabagisme, il est très surprenant de ne pas voir le gouvernement parler de la cigarette électronique dans le cadre du « moi(s) sans tabac ». L’Etat propose en effet un kit d’aide dans le cadre de cette action que chacun peut commander sur internet ou trouver en pharmacie. Il n’y est nulle part fait mention de la possibilité de réduire les risques liés au tabac grâce aux nouveaux produits du tabac sans combustion ou grâce à la cigarette électronique. Il est dommage de constater que le gouvernement ne soutient pas les nouvelles technologies qui sont à la pointe de la lutte anti-tabac.

Jeanne Bellet

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