Nouvelle-Calédonie : Manuel Valls organise le sauvetage de la filière du nickel

Le Premier ministre Manuel Valls souhaite que les collectivités locales financent une partie des pertes de la Société Le Nickel(SLN), filiale d’Eramet, par l’intermédiaire d’une prête de 200 millions d’euros qui serait accordé par l’Etat.

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La SLN fut un des fleurons de l’économie de l’archipel jusqu’à la chute du cours du nickel ne vienne lui porter un coup quasi-fatal, notamment à cause du ralentissement en Chine, et de la surproduction internationale.

L’entreprise, qui emploie 2200 personnes, fait ainsi face à de nombreuses difficultés financières, avec des pertes estimées à environ 20 millions d’euros. En décembre 2015, Eramet, l’actionnaire majoritaire (56%) lui a déjà accordé un prêt de 150 millions d’euros, mais la famille Duval, à la tête de ce groupe, où l’Etat est également présent à hauteur de 26%, ne souhaite pas rallonger la mise.

Les autres actionnaires de la SLN, notamment les trois provinces calédoniennes qui possèdent 34% du capital par l’intermédiaire de la STCPI (Société territoriale calédonienne de participations industrielles), sont encore à un stade d’observation, la faute à une trésorerie trop juste. L’urgence est là, d’autant que les habitants de l’archipel seront prochainement appelés à se prononcer par référendum sur la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie. Cette consultation devrait d’ailleurs être organisée d’ici fin novembre 2018.

Les propositions de l’Etat

Pour tenter de sauver le navire, Manuel Valls a fait plusieurs propositions. Il a demandé notamment l’aide de la STCPI, affirmant qu’Eramet ne pouvait faire cavalier seul dans ce sauvetage. Il souhaite que les trois provinces calédoniennes viennent en aide à la SLN, et comme elles n’en ont pas les moyens, ce serait l’Etat qui serait prêt à leur consentir une avance qui pourrait aller jusqu’à 200 millions d’euros. Cet accord de financement serait en cours de négociation selon le Premier ministre, et en discussions avec tous les actionnaires.

Manuel Valls propose également à la SLN et à ses actionnaires de garantir le financement bancaire d’une nouvelle centrale électrique en remplacement de celle qui alimente actuellement l’entreprise, devenue obsolète. Une proposition qui constitue un effort important de l’Etat puisque la construction de cette dernière pourrait représenter un investissement compris entre 800 millions et 1 milliard d’euros.

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