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Emploi : la génération Covid n’a pas dit son dernier mot

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Emploi : la génération Covid n’a pas dit son dernier mot

La Rédaction
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Les jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi en pleine crise économique, due au Covid, doivent affronter des conditions peu attrayantes. Pourtant, selon un sondage OpinionWay pour Hubside, certains seraient prêts à se « servir » de la crise sanitaire comme d’un tremplin pour suivre leurs passions.

Suppressions d’emplois, fermetures d’entreprises, mesures sanitaires drastiques : la rentrée sociale ne s’est pas déroulée en toute tranquillité, en France, et il se peut bien que la tendance aille en s’aggravant dans les semaines, voire les mois à venir. Pas facile, quand on est jeune, d’intégrer le marché du travail dans ces conditions sanitaires et économiques si particulières, alors que 750 000 d’entre eux devraient chercher à s’insérer professionnellement cet automne. Le gouvernement, à ce titre, a débloqué une enveloppe de près de 7 milliards d’euros (6,7 milliards) pour soutenir l’emploi des jeunes. 

1 « millennial » sur 10 prêt à suivre sa passion (sondage OpinionWay pour Hubside)

En juin dernier, au moment du déconfinement, une enquête réalisée par les missions locales auprès de 24 000 jeunes était effectivement venue rappeler que l’emploi était leur sujet de préoccupation numéro un (77 %). Et pour cause : parmi les jeunes de 16-25 ans interrogés, un tiers possédaient un emploi avant le confinement, tandis que 42,5 % d’entre eux venaient de perdre leur job, et un tiers se disaient inquiets face à l’avenir, dont les trois quarts craignaient de ne pas trouver d’employeur en raison de la crise sanitaire.

D’autres, à l’inverse, estiment que le coronavirus et les conditions économiques qui en découlent sont une occasion parfaite pour réfléchir à un projet professionnel personnalisé, et pourquoi pas suivre sa passion en montant une entreprise. Voilà ce que révélait le sondage OpinionWay réalisé en juillet dernier pour Hubside, un service de création de sites web didactique, d’après lequel près d’un « millennial » (personne née entre la fin des années 80 et la fin des années 90) sur dix était prêt à faire de sa passion son activité professionnelle. Ou comment rebondir dans une période gagnée par l’incertitude et le doute ?

C’est, en tout cas, un moyen de surmonter les difficultés que les jeunes seront susceptibles de rencontrer cet automne, voire même l’an prochain, sur le marché du travail. Même ceux qui sont insérés, d’ailleurs, ne sont assurés de rien, puisque les licenciements économiques pleuvent en période de Covid, et ce sont bien souvent les derniers arrivés – les plus jeunes la plupart du temps – qui en font les frais. Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, s’attend ainsi à ce que la crise économique vienne supprimer « 800 000 emplois », soit « 2,8 % de l’emploi total », et mette entre 165 000 et 320 000 jeunes au chômage au second semestre 2020…

Incertitude ne veut pas dire défaitisme

« Les jeunes sont toujours les premières victimes des crises économiques parce qu’ils rentrent sur le marché du travail et ne sont pas protégés. Ils n’ont pas encore accès à l’emploi stable », estimait Vanessa di Paola, économiste et spécialiste des questions d’insertion des jeunes sur le marché du travail. Mais le confinement, selon elle, est venu « réveiller chez les jeunes des choses qui, normalement, arrivent plus tard dans les parcours professionnels. [Il] a mis sur le devant des interrogations précoces. On a envie de reconfigurer les choses ». Autrement dit : les jeunes ont envie de se prendre en main.

Que cette volonté intervienne à un moment aussi troublé n’a rien de surprenant : l’incertitude, qui caractérise la période de la Covid-19 – de son apparition, fin 2019, à aujourd’hui, en passant par les mois de confinement –, peut nous rendre attentifs à ce qui change autour de nous, afin de nous y préparer. C’est ce que pense par exemple Anaïs Georgelin, fondatrice de SomanyWays – une structure qui accompagne les entreprises dans leur évolution – : « Qui dit incertitude dit champ des possibles, c’est-à-dire opportunité d’évoluer, de bouger, de se réajuster, d’apprendre, de voir les choses autrement », a-t-elle fait part début septembre à Welcome to the Jungle.

Dans le même temps, le média publiait des témoignages de jeunes tout juste sortis d’études, à la recherche d’un emploi, pour qui cette quête se révèle être un réel parcours d’obstacles. Encore plus que d’habitude – Covid oblige. Acceptent-ils pour autant d’être la « génération sacrifiée », selon le sobriquet que les médias leur ont attribué ? Non, partant du principe que chaque génération « connaît ses propres crises ». Une manière philosophique de ne pas se laisser aller. Même si l’une d’entre eux reconnaîtra tout de même se sentir « délaissée ».

 

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