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Covid-19 : malgré les pertes, les banques tiennent le coup

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Covid-19 : malgré les pertes, les banques tiennent le coup

La Rédaction
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Banques COVID 19 Arkéa

Eprouvées par la pandémie et les conséquences du confinement sur leurs clients, les banques françaises n’en demeurent pas moins solides. La crise liée au coronavirus rappelle que l’heure est, dans le secteur, à la consolidation, et non aux aventures solitaires telles que celle qu’envisageait, avant d’y renoncer, le Crédit Mutuel Arkéa.

Les banques n’ont pas été épargnées par la crise sanitaire. Si une tempête financière a, contrairement à celle qui avait déferlé sur le monde en 2008, bien été évitée, les mesures de confinement et la mise à l’arrêt de larges pans de l’économie française continuent d’avoir de violentes conséquences sur la plupart des établissements bancaires du pays — et des autres pays européens. Les banques du Vieux continent enregistrent ainsi de lourdes pertes au terme du second trimestre de l’année : – 1,3 milliard d’euros pour la Société Générale, – 77 millions pour la Deutsche Bank, et même – 11,1 milliards pour l’espagnole Banco Santander. Les bénéfices nets des grandes banques européennes plongent également, à — 96 % pour HSBC ou — 86 % chez le groupe français BPCE.

« Un risque de contagion de la crise au secteur bancaire »

Afin de se prémunir contre les risques de faillites ou d’impayés de la part de leurs clients — particuliers comme professionnels – également fragilisés par la crise liée à la pandémie de Covid-19, les établissements bancaires ont été contraints d’accumuler de colossales provisions : 1,3 milliard d’euros à la Société Générale (multipliées par quatre), 1,2 milliard au Crédit Agricole (par deux), etc.

Des réserves financières destinées à absorber les « créances douteuses », mais qui amputent d’autant le résultat des banques concernées. Des banques qui ont dû, par ailleurs, considérablement renforcer leurs fonds propres afin de faire face aux défauts de paiement de leurs clients, mais aussi renoncer à verser des milliards de dividendes à leurs actionnaires et, pour certaines, engager de douloureuses opérations de réduction des coûts — et donc des emplois.

En dépit de leurs efforts, la probabilité qu’au moins deux banques européennes majeures fassent défaut a dépassé, au cours du mois de mars dernier, le seuil de 5 %, selon le Comité européen du risque systémique (CERS). Et cela pourrait aller en empirant, si l’on en croit le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), selon lequel « les perspectives économiques sombres pour l’année à venir suggèrent un risque substantiel de contagion de la crise actuelle au secteur bancaire. Par ailleurs, en réalisant un calcul simple, on constate qu’il suffirait que 21 % des prêts ne soient pas remboursés pour épuiser totalement les fonds propres des banques (capital et réserves) qui s’élèvent à 2 500 milliards aujourd’hui dans la zone euro ».

Un secteur qui demeure solide

Peu rassurantes, les prévisions économiques pour les mois à venir n’impliquent pas que les banques européennes ne soient pas assez solides pour les encaisser. En témoigne la résistance du Crédit Mutuel Alliance fédérale : la principale composante du groupe mutualiste français présidé par Nicolas Théry a annoncé, fin juillet, une diminution de près de 48 % de son résultat net, à 857 millions d’euros — en raison, notamment, d’une augmentation de 584 millions d’euros des provisions pour créances douteuses. « Nous avons joué sur notre perception des scénarios à venir, des dotations aux secteurs les plus vulnérables et des dépréciations dans les financements d’actifs », explique M. Théry. Une prudence qui rappelle, en miroir, l’imprudence du projet d’indépendance de l’une des filiales du Crédit Mutuel, Arkéa.

S’il est désormais enterré, le projet de désaffiliation porté pendant des années par la direction de la banque bretonne s’inscrivait en effet à rebours de la tendance globale à la consolidation du secteur bancaire. Le Crédit Mutuel Arkéa, un établissement de taille très modeste, uniquement implanté dans quelques régions françaises (Bretagne et Sud-Ouest notamment), n’aurait sans doute pas supporté le choc de la crise sanitaire si ses dirigeants avaient mené leur projet à bien. Il faut en effet pouvoir compter sur des banques solides, comme le rappellent maîtres Feunteun et de Tocqueville : « en première ligne pour lutter contre la crise (sanitaire), les banques sont suffisamment solides pour mener à bien (leurs missions) et faire face elles aussi au Covid-19 », écrivent les deux avocats dans les pages du Figaro.

« À la suite des réformes mises en œuvre en réaction à la crise de 2008, le secteur financier français est (…) plus résilient », poursuivent les auteurs de la tribune : « Gardons-nous des prophéties de Cassandre (…) dans un contexte déjà anxiogène. Loin d’être un motif d’inquiétude, les banques sont un élément déterminant de la stabilité collective et un atout majeur pour la reprise économique ». À condition, bien sûr, de ne pas tenter l’aventure en solo…