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Prime Macron, combien de « bons élèves » en 2020 ?

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Prime Macron, combien de « bons élèves » en 2020 ?

La Rédaction
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Si elles ont jusqu’au 30 juin pour se décider, les entreprises devraient être moins nombreuses cette année à verser la prime Macron à leurs salariés. A quelques exceptions près, notamment dans l’assurance (SFAM, Groupama…) et dans la banque (BNP Paribas, La Société générale, Crédit du Nord…).

L’essoufflement semble inévitable. Selon le cabinet Mercer, seules 27 % des grandes entreprises envisagent de verser la prime Macron en 2020 (contre 73 % en mars 2019, lors de la première édition de la prime). Plus de la moitié (52 %) des sociétés interrogées indiquent qu’elles n’en verseront pas, tandis que 19 % préfèrent garder le silence.

Ces chiffres contrastent nettement avec ceux de l’année dernière. En 2019, les entreprises avaient largement répondu à l’appel lancé par le président de la République pour faire face aux demandes des gilets jaunes. Quelque 2,2 milliards d’euros ont été versés à 4,8 millions de salariés dans 408 000 établissements.

Comment expliquer la frilosité des entreprises en 2020 ? « Les enjeux ont évolué en un an, explique Inès Minin, secrétaire nationale CFDT chargée des questions de rémunération. Nous sommes moins dans le contexte de la crise des gilets jaunes, auquel la prime était liée, et davantage sur des négociations salariales classiques. La question centrale doit être l’augmentation régulière des salaires ».

Même son de cloche du côté de Bruno Rocquemont, directeur gestion des talents chez Mercer : « Si beaucoup ont joué le jeu en 2019, les grandes entreprises expliquent aujourd’hui que cela va devenir compliqué de mener de front campagne d’augmentation des salaires et versement de cette prime », analyse l’expert.

SFAM, Groupama, BNP, La Société générale… l’assurance et la banque jouent le jeu

Une nouvelle contrainte technique explique également la réticence des chefs d’entreprise. Comme en 2019, la prime est exonérée d’impôts et de prélèvement sociaux. Elle reste en outre réservée aux salariés dont la rémunération est inférieure à trois smic (sur les 12 mois précédant son versement).

Mais la mise en place d’un accord d’intéressement dans l’entreprise est désormais obligatoire. Il s’agit d’un dispositif permettant d’associer les salariés aux résultats et performances de l’entreprise par le versement de primes.

Pour le gouvernement, cette exigence vise à apporter aux salariés un accessoire de rémunération plus stable qu’une prime exceptionnelle de fin d’année. Mais la mesure est loin de faire l’unanimité. « Les chefs d’entreprise perçoivent les nouvelles modalités comme des contraintes. Très peu devraient donc distribuer la prime cette année », prédit Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des indépendants.

Heureusement pour les salariés, tous les chefs d’entreprise ne sont pas d’accord. Dans certains secteurs, les patrons sont même nombreux à reconduire le dispositif. C’est notamment le cas de la banque et l’assurance. Outre une augmentation salariale de 0,5 %, BNP Paribas a décidé d’accorder à ses salariés une prime Macron de 450 euros, versée jusqu’à 54 765 euros de revenus annuels.

Une mesure toujours d’actualité

La Société générale a quant à elle mis en place deux types de primes Macron distinctes. L’une de 550 euros (réservée aux salariés gagnant moins de 36 510 euros) et l’autre de 400 euros (pour les salaires inférieurs à 54 765 euros). Crédit du Nord (550 euros), Crédit mutuel Alliance fédérale (750 euros), HSBC (650 euros) ou encore le Crédit agricole (700 euros) ont également décidé de jouer le jeu en 2020.

Sur la liste des « bons élèves » figure également le courtier SFAM, spécialiste des assurances mobiles et multimédias, qui a décidé de verser une prime de 720 euros à ses salariés, soit le même montant que l’année dernière (ce qui est suffisamment rare pour être souligné).

De son côté, Aviva inscrit une future prime de 900 euros sous réserve d’un accord d’intéressement. Allianz (de 300 à 1 000 euros selon le salaire), Helvetia (minimum de 850 euros), Mondial assistance (800 euros), l’AGPM (350 euros) ou encore l’UES Groupama (de 350 à 550 euros) ont également annoncé l’octroi, pour la deuxième année consécutive, d’une prime Macron à leurs salariés.

Alors que les ménages français ont commencé 2020 en se serrant la ceinture – la consommation en biens ayant connu en janvier sa plus forte baisse (- 1,1 % en volume) depuis la crise des gilets jaunes – le coup de pouce décidé par l’exécutif il y a un an est plus d’actualité que jamais. Sur combien de « bons élèves » les salariés pourront-ils compter cette année ?

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