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L’éolien, premier employeur des énergies renouvelables en France

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L’éolien, premier employeur des énergies renouvelables en France

La Rédaction
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Profitant de l’essor des énergies renouvelables, l’éolien français se développe à grande vitesse. En avance sur les objectifs gouvernementaux en matière de capacités de production, la filière est également pourvoyeuse de milliers de nouveaux emplois.

Alors que le nombre de chômeurs de catégorie A recule lentement mais régulièrement depuis 2016, un secteur en particulier connaît une embellie spectaculaire : celui des énergies renouvelables. En 2017, l’emploi y aurait augmenté de près de 10 % avec près de 5 000 créations de poste, selon une récente étude du Commissariat général au développement durable. « Il y a aujourd’hui une dynamique dans le secteur [de par] la décentralisation de la production d’énergie [visant] à rapprocher lieux de production et de consommation », explique Jens Bicking, directeur du cabinet de recrutement Elatos, au Parisien. Cela implique une croissance significative du secteur dans les années à venir et, ce faisant, l’augmentation du nombre de sites de production. » Pour accompagner l’essor programmé des énergies renouvelables, qui doivent atteindre 23 % de la consommation énergétique d’ici 2020 et 32 % en 2030, certaines professions sont courtisées par l’ensemble des filières : chefs de projets, chargés d’affaires foncier, chargés de mission concertation ou encore chargés d’études environnement. Les profils de techniciens (chaudronniers, soudeurs, chargés de maintenance, etc.) sont également recherchés. Plusieurs formations spécialisées auraient ainsi vu le jour, comme le centre spécialisé dans l’éolien à Amiens. Dans cette filière, « tous les clignotants sont au vert », estime Pauline Lebertre, déléguée générale de l’association France énergie éolienne (FEE). La preuve : alors que la capacité totale d’énergies renouvelables est en retard sur les objectifs gouvernementaux, celle de l’éolien a dépassé les siens avec plus de 15 GW de puissance installée totalisée fin 2018. 

L’éolien off-shore sort de l’eau

Avec plus de 1,5 GW de nouvelles capacités installées en 2018, les 7 950 éoliennes françaises réparties dans 1 380 parcs ont pourvu 6 % de la consommation d’électricité en France l’an dernier. Un progrès encourageant non seulement au titre de l’indépendance de la France vis-à-vis des énergies fossiles, mais aussi pour les retombées permises en termes d’emploi. En 2018, l’éolien français a créé 1 100 postes pour un total de 18 200 emplois dans l’Hexagone, selon les données de l’Observatoire de l’éolien. Ce qui en fait le premier employeur des énergies renouvelables en France. Au total, le marché de l’emploi de l’éolien en France a progressé de 6,4 % par rapport à 2017 et de plus de 14 % par rapport à 2016. De quoi convaincre le grand public ? Les trois-quarts des Français auraient en tout cas une image positive (73 %) de l’énergie éolienne et souhaiteraient son développement (77 %), selon une enquête d’Harris interactive publiée en septembre 2018.

En France, seul l’éolien terrestre est pour l’instant opérationnel. Pourvu de 3 500 km de côtes, l’Hexagone commence à prendre la mesure des atouts de l’éolien en mer pour l’économie et l’emploi. En Loire-Atlantique, le parc off-shore de Saint-Nazaire porté par EDF Renouvelables et l’entreprise nord-américaine Enbridge devrait être le premier projet commercial de ce genre à sortir de l’eau d’ici 2022. La construction des éoliennes a déjà commencé selon GE Renewable Energy, qui prévoit d’installer 80 turbines de 6 MW chacune. La puissance totale installée du parc atteindra 480 MW, de quoi alimenter 20 % de la consommation électrique du département de Loire-Atlantique. Une seule de ces éoliennes permettra de produire assez d’électricité pour 5 000 ménages. Et pour cause : les éoliennes tourneraient à pleine puissance près de 45 % du temps, contre 21 % pour les modèles terrestres. « C’est une production presque plus prévisible que celle d’une centrale nucléaire », confie le patron d’un grand groupe français.

L’émergence d’une filière industrielle

Avec plus de 200 employés devant être recrutés à Saint-Nazaire d’ici fin 2020, l’éolien en mer est synonyme d’emplois. Mais aussi d’opportunités pour le tissu économique local. Le 7 octobre, une “journée des partenaires” organisée à la CCI de Nantes St-Nazaire a réuni plus de 250 entreprises venues saisir des opportunités d’affaires. « Cette journée a un objectif : développer le tissu local français, faire travailler les entreprises des Pays de La Loire » a souligné à cette occasion Olivier de La Laurencie, directeur projet chez EDF Renouvelables. De fait, les PME ont accueilli avec enthousiasme le lancement officiel de la construction du parc. A l’image de l’entreprise PSM, spécialisée dans le montage et l’assemblage mécanique et électrique :  « avec les champs français, nous avons quatre à six ans de boulot devant nous. On rentre dans une filière pérenne », confiait ainsi Véronique Le Mintec, gérante de la société, à Ouest France

A l’instar de ce projet, d’autres devraient prochainement confirmer l’introduction de l’éolien off-shore dans le mix électrique français. Au large de Saint-Brieuc, 62 éoliennes doivent être installées en mer pour commencer à produire de l’électricité d’ici 2024. L’assemblage des fondations sur le chantier de l’Espagnol Navantia doit débuter en 2021 sur le port de Brest et créer 250 emplois sur deux ans. Nécessitant un investissement de 2,5 milliards d’euros, ce futur parc devrait injecter une puissance totale de 496 MW sur le réseau électrique national. Son prochain lancement, tout comme les récentes victoires juridiques des chantiers de Fécamp et de Courseulles-sur-Mer qui vont pouvoir prendre forme, et l’attribution d’un nouvel appel d’offres à EDF Renouvelables pour la réalisation d’un parc à Dunkerque, confirment l’émergence d’une véritable filière industrielle.

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