CHARGEMENT

Tapez votre recherche

De SFAM à Orange : ces entreprises qui s’engagent contre les inégalités

Actualités RSE

De SFAM à Orange : ces entreprises qui s’engagent contre les inégalités

La Rédaction
Partager
entreprise inegalites - Actu Eco

Certaines entreprises comme SFAM ou Orange se tournent vers les populations défavorisées en leur proposant des offres adaptées à leurs ressources, souhaitant ainsi contribuer à la réduction des inégalités en France, où 9 millions de personnes sont considérées comme « pauvres ».

Souvent pointé du doigt pour le peu de cas qu’il fait des inégalités sociales en France – qu’il aurait même tendance à aggraver si l’on en croit certaines voix –, le monde de l’entreprise a pourtant un rôle à jouer pour réduire les « fractures » qui sévissent un peu partout dans l’Hexagone. C’est notamment ce qui est ressorti d’une réunion entre le président de la République, Emmanuel Macron, et une centaine de patrons, lors du G7 à Biarritz en août dernier, sous la houlette du PDG de Danone, Emmanuel Faber. Ce dernier lançait en décembre 2018, avec le directeur général d’Axa, Thomas Buberl, un mouvement – pour l’instant encore très informel – en faveur d’une « économie plus inclusive ».

Informel mais loin d’être inactif. Puisque deux engagements ont déjà été pris par le collectif, qui regroupe des entités aussi diverses qu’Orange, Accor, Carrefour, Renault ou encore Système U. Le collectif a ainsi d’ores et déjà décidé d’augmenter le nombre de ses contrats d’apprentissage pour les porter à 50 000, et de doubler les heures de formation de ses salariés. Quant à la part des apprentis en provenance de zones rurales et de quartiers dits « en difficulté », elle devrait augmenter de 40 % en 2020, tandis que 40 000 personnes se verront proposer « un contrat plus stable que l’intérim classique ».

« Assurance solidaire »

Au-delà des promesses d’embauche, certaines entreprises comme SFAM ou Orange – cette dernière fait d’ailleurs partie du collectif – ont lancé des offres commerciales destinées aux revenus les plus faibles, afin, justement, de rééquilibrer quelque peu la balance des inégalités sociales en France. C’est le cas d’Orange, par exemple, qui s’est associée à plusieurs associations et a lancé « Coup de Pouce Livebox », un « package » qui comprend un accès à Internet et un ordinateur portable à tarif préférentiel. L’opérateur téléphonique partant du principe qu’avec l’augmentation du nombre de démarches (administratives surtout) à effectuer sur Internet, tous les foyers devaient être munis des outils nécessaires.

De même, l’entreprise SFAM (Société française d’assurances multirisques), constatant les ventes exponentielles de smartphones et autres « instruments » digitaux, mais également la difficulté qu’il y avait aujourd’hui à se passer de tels appareils, a décidé de lancer une offre d’ « assurance solidaire » à 1 euro par mois. Celle-ci s’adresse aux personnes percevant le revenu de solidarité active, l’allocation de solidarité spécifique, ainsi qu’à toutes celles dont le niveau de ressources est inférieur au niveau donnant droit à la Couverture maladie universelle (CMU).

9 millions de pauvres en France

Avec 9 millions de personnes considérées par l’Observatoire des inégalités comme étant en situation de « pauvreté » – un chiffre qui a augmenté de plus de 800 000 ces dix dernières années –, difficile de nier que le marché du « social business » représente un intérêt certain pour les entreprises. Qui s’en vantent rarement, de peur de s’attirer les foudres des réseaux sociaux, qui auraient vite fait de les accuser de faire du « marketing sur le dos des pauvres ». C’est ce qu’explique Frédéric Dalsace, professeur titulaire de la chaire « social business, entreprises et pauvreté » d’HEC, qui aide les entreprises à mettre en place ces nouveaux modèles de développement.

Celles qui adhèrent à ce projet ne communiquent donc que très rarement – le gain en termes d’image étant dès lors très limité. Mais c’est une manière pour ces structures de discuter avec de nouveaux acteurs, ceux avec qui elles n’avaient plus l’habitude de dialoguer. Et de pallier une éventuelle carence de l’Etat ? Lui venir en aide, tout du moins. Car rapport après rapport, il apparaît que les autorités ont de plus en plus de mal à lutter contre la pauvreté en France. Où 650 000 personnes ne sont toujours pas raccordées à un réseau d’eau potable, par exemple. Dès lors, la montée des inégalités est un défi sociétal qui concerne plus que jamais le monde de l’entreprise.

Tags:

Articles en relation