Christine Lemaire (SFAM) : “Nous sommes très attentifs aux soft skills”

Difficiles à mesurer et à faire valider, les “compétences douces” sont souvent négligées en France. A tort, car elles constituent le principal atout d’un candidat et certaines entreprises l’ont bien compris, au premier rang desquelles la SFAM ou PwC. 

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Bien qu’on se concentre généralement davantage sur les compétences techniques, 57 % des chefs d’entreprise interrogés déclarent que les soft skills sont plus importantes, selon une récente étude LinkedIn pour Business Insider. Le leadership, la communication, la capacité à travailler en équipe et la gestion efficace de son temps sont les 4 softs skills les plus appréciés des recruteurs selon l’étude.

Même son de cloche dans la dernière étude Cadremploi et Michaël Page, qui révèle que près de trois cadres sur dix sollicitent plus leurs soft skills que leurs compétences techniques au quotidien. Pour ce qui est des dirigeants et des commerciaux, ils sont respectivement 46 % et 39 % à déclarer faire appel à leurs compétences comportementales dans le cadre de leur poste.

L’étude Cadremploi/Michaël Page révèle également que 62 % des dirigeants et des cadres ayant des responsabilités managériales sont prêts à recruter un candidat « principalement sur ses compétences personnelles ». Les managers affirment être particulièrement en quête de collaborateurs sachant travailler en équipe (47 %), fiables (46 %), autonomes (44 %) et motivés (44 %).

Mais comment expliquer cet engouement soudain pour ces compétences douces ? « Aussi puissante que soit l’intelligence artificielle, nous sommes encore loin d’avoir des ordinateurs capables de reproduire et de remplacer l’interaction humaine », explique Jeff Weiner, PDG de LinkedIn. Autrement dit : à mesure que la rationalisation du travail progresse, les compétences proprement humaines triomphent.

SFAM et PwC encouragent les soft skills

De plus en plus conscientes que les seules hard skills (ou compétences techniques) ne se suffisent pas, les entreprises prennent en compte et encouragent les soft skills de leurs collaborateurs. Pour l’assureur affinitaire SFAM, qui a fait de la qualité de vie au travail une priorité, les savoir-être sont tout aussi importants que les savoir-faire. La société, qui  se distingue à nouveau dans le classement HappyAtWork 2019 des entreprises de 1 000 à 4 999 salariés « où l’on est heureux de travailler », promeut l’esprit d’équipe, la communication, la coopération, la solidarité et la confiance. Les soft skills des candidats sont pris en compte dans les process de recrutement, comme le souligne Christine Lemaire, DRH de SFAM : “Le choix des candidats est bien entendu aiguillé par la formation et l’expérience, mais nous sommes également très attentifs aux « soft skills » et à la motivation.”

SFAM veille également à offrir à ses collaborateurs un cadre de travail « favorable au développement de leur talent » en organisant des programmes de formation destinés à l’affirmation et à la progression des compétences, mais aussi en encourageant les initiatives et les efforts personnels.

Le cabinet d’audit PwC a de son côté récemment lancé « GameChangers », un serious game qui vise à attirer les jeunes diplômés. Objectif : casser l’image rigide et austère qui colle aux cabinets de conseil tout en valorisant les soft skills des futurs employés. La société espère mener à bien 2 000 recrutements grâce à son jeu, qui s’articule autour de trois thématiques relatives aux valeurs et aux activités de l’entreprise. « L’avenir appartiendra aux organisations qui sauront reconnaître et valoriser la différence humaine. Dans le cadre de cette campagne, nous mettons l’accent sur les possibilités permanentes d’apprentissage, de croissance et de leadership qui s’offrent chez PwC. Nous invitons les candidats à travailler dans un environnement où les gens et la technologie s’épanouissent ensemble pour avoir un impact », souligne Tomasz Miłosz, responsable du Capital humain chez PwC Europe Centrale et de l’Est.

Soft skills : les formations s’adaptent

Mais comme le souligne Marie Lacroix, directrice scientifique de Cog’X, il ne faut pas confondre soft skills et traits de personnalité. « La différence, c’est que les traits de personnalité son immuables. Tandis que les soft skills se travaillent », explique-t-elle. Résultat : les formations se développent et s’adaptent.

Si la Toulouse School of Management délivre désormais à ses étudiants les certificats obligatoires « RSE » et « Soft skills », l’école d’ingénieurs ESILV insiste, auprès de ses effectifs, sur l’aspect « hybridation des compétences, innovation et international ». La nouvelle maquette du cursus ingénieur proposé par Mines Paris Tech met quant à elle l’accent sur les compétences linguistiques et les soft skills, tandis que l’ITEEM propose à ses futurs ingénieurs des programmes d’approfondissement de connaissances selon trois profils : « innovateur », « manager de projet » ou « entrepreneur ».

Et les possibilités sont infinies. « Soyez curieux ! On développe des soft skills avec des activités sportives, l’engagement associatif. Même au sein de l’entreprise, vous pouvez par exemple participer à des projets internes, comme une chorale ou un projet humanitaire », conseille Cédric Gérard, directeur marketing de Monster. A bon entendeur…

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