La biodiversité urbaine, un enjeu économique

Alors que l’urbanisation du monde est imparable, la protection de la biodiversité en milieu urbain promet d’être l’un des plus grands enjeux dans les années à venir. Les initiatives se multiplient, comme la start-up Urbalia, le projet Font-Pré à Toulou ou Europacity dans le Val-d’Oise.

 

Europacity biodiversité

« Favoriser le retour du vivant au sein de la ville ». C’est l’obsession de nombreux écologues, agronomes, urbanistes, architectes et citoyens, comme Gilles Bœuf, biologiste et professeur à l’université Pierre-et-Marie-Curie. Pour l’ancien président du Muséum national d’histoire naturelle, les jardins sur les toits, les murs végétalisés, la production agricole en ville et toutes les initiatives permettant de redessiner les centres urbains sont à multiplier dans le cadre du « combat » que nous devons mener pour assurer le bien-être de l’humain sur notre planète.

Un bien-être qui se trouve plus que jamais menacé. Alors que 70 % de la population mondiale vivra en ville en 2050, la biodiversité des aires urbaines ne cesse de reculer. Destruction des habitats naturels, remplacements de ces habitats par des bâtiments ou infrastructures de transports, pollution des sols, de l’eau et de l’air, les dégradations des écosystèmes sont diverses et parfois irréversibles.

Or, au-delà des considérations purement esthétiques, la biodiversité assure de nombreux services au sein d’une ville, notamment la régulation du cycle de l’eau, la production de biomasse, la lutte contre les vagues de chaleur et les températures extrêmes, la fixation de CO2, la pollinisation, l’amélioration de la qualité de l’air, de l’eau et des sols ou encore le développement de services culturels (loisirs, tourisme…).

La protection de la biodiversité en milieu urbain est ainsi l’un des principaux enjeux des années à venir. Ce dont de plus en plus d’acteurs, y compris économiques, prennent conscience. Ainsi Urbalia, une startup créée par Vinci Construction et AgroParisTech, a pour objectif de favoriser la prise en compte de la biodiversité dans les projets d’aménagements urbains. « La biodiversité urbaine est un enjeu majeur dans le développement de nouveaux projets d’aménagement et se place au cœur des préoccupations des acteurs de la ville. En lançant Urbalia, nous sommes heureux d’apporter des solutions innovantes dans ce domaine et d’accélérer la diffusion de travaux scientifiques en faveur de la ville durable », explique Jérôme Stubler, président de Vinci Construction.

 

Redessiner la ville

De son côté, Bouygues Construction a participé à la création, en 2014, du label international BiodiverCity, qui évalue et promeut la biodiversité dans les opérations de construction et de rénovation. L’évaluation se réalise autour de quatre grands axes : l’engagement (connaissance et compréhension de la biodiversité sur et autour du site à construire), le projet (recherche d’une architecture valorisant le site biologique et le vivant), le potentiel écologique de la parcelle et les services rendus aux futurs usagers.

Le label BiodiverCity a notamment été attribué à l’éco-quartier Font-Pré. À quelques minutes du centre-ville de Toulon, cet espace abrite des résidences, des commerces, des services, une crèche et la mairie de quartier. Avec près de 10 000 m2 de surface aménagée en jardins, promenades et respirations vertes, l’éco-quartier dépasse de 10 à 20 % les performances énergétiques exigées par la réglementation thermique la plus récente.

Le projet Font-Pré n’est pas sans rappeler EuropaCity, l’éco-quartier qui devrait redessiner le Triangle de Gonesse, dans le Val-d’Oise. Projet immobilier de grande envergure, EuropaCity abritera environ 500 boutiques, 2 700 chambres d’hôtel, plusieurs restaurants, un centre de congrès, un parc aquatique, un parc d’aventures, deux salles de spectacles, une médiathèque, mais aussi une ferme et un parc urbains.

Europacity : Allier développement économique, aménagement du territoire et biodiversité

EuropaCity promet de faire la part belle à la biodiversité, en recréant notamment des milieux naturels gérés de façon écologique, propices à la reconquête et à l’installation durable de la biodiversité.

La ferme urbaine de 7 hectares devrait quant à elle permettre d’allier agriculture et restauration de la biodiversité. Elle proposera des activités pédagogiques (sensibilisation, initiation, découverte, cueillette) et assurera une production maraîchère et fruitière valorisée en circuits courts.

Un Comité de suivi de la biodiversité a été mis en place par les concepteurs du projet. Il devra accompagner le maître d’ouvrage et les équipes de maîtrise d’œuvre dans l’intégration et la mise en place des mesures favorables à la biodiversité pendant la conception et la réalisation de l’éco-quartier.

Dans une région de l’Île-de-France frappée de plein fouet par le chômage de masse, EuropaCity promet d’allier dynamisme économique (17 500 emplois directs et indirects devraient être créés) et protection de l’environnement. Preuve, s’il en fallait une, que la protection de l’environnement est compatible avec la croissance.

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