Pokemon Go ouvre la voie aux smart cities

Depuis le 7 juillet dernier, la planète est prise d’une fièvre Pokemon. Le nouveau jeu à réalité augmentée Pokemon Go a été téléchargé 100 millions de fois et a rapporté plus de 14 millions d’euros à son créateur. En plus de son aspect récréatif, ce phénomène possède aussi un potentiel énorme pour le développement des smart cities.

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Une nouvelle Pokemania

Quinze ans après l’ère Pokemon en version cartes à jouer ou sur Gameboy, les bestioles japonaises reviennent sur le devant de la scène. Cette fois-ci, elles prennent d’assaut les smartphones dans un jeu en réalité augmentée, Pokemon Go. Les joueurs, géolocalisés, voient apparaître sur leur écran un Pokemon qui vient se superposer à la réalité de l’image et reste à cette position pendant moins de trente minutes avant d’être « capturé » virtuellement. Téléchargée plus de 100 millions de fois alors qu’elle n’est même pas encore disponible dans tous les pays, l’appli a rapporté 14,4 millions de dollars à l’entreprise qui l’a développée, Niantic Labs, une start-up au départ rattachée à Google.

Son créateur, John Hanke, est aussi à l’origine de Google Earth, le service de cartographie du géant américain. L’entreprise japonaise Nintendo, qui détient les droits sur Pokemon, a quant à elle enregistré une hausse de 16 % à la bourse de Tokyo. L’utilisation de la réalité augmentée avait déjà fait ses preuves avec Ingress, un jeu lancé en 2012 et lui aussi développé par John Hanke, dans lequel les joueurs découvraient des portails au gré de leurs déambulations dans la ville. « Je voulais construire des applications qui renforcent l’implication des gens dans leur ville ou dans les communautés, expliquait John Hanke lors d’une conférence de 2014. Encourager les gens à se rencontrer, dans le monde réel. ».

Quel potentiel pour une ville intelligente ?

Si le potentiel social en laisse certains perplexe (les joueurs ne sont-ils pas rivés sur leurs écrans plutôt qu’en train de faire connaissance ?), les opportunités de la réalité augmentée pour les smart cities sont nombreuses. Les municipalités pourraient faire usage de cette technologie pour offrir des renseignements de façon plus ludique et surtout, 24h sur 24h, notamment après les heures d’ouverture des établissements publics, quand les personnes physiques qui assurent d’ordinaire l’accueil ne sont plus là.

Qui ne s’est jamais retrouvé dans une gare à une heure tardive, en ayant désespérément besoin d’un renseignement mais personne à qui le demander ? La sécurité pourrait également être renforcée, avec des systèmes de prévention et d’alarme ainsi qu’un système d’accompagnement pour les personnes vulnérables dans les grands centres urbains, comme les enfants ou les femmes seules. Moins alarmant et plus ludique, les opportunités pour la culture et le patrimoine sont infinies. Pointez un bâtiment avec votre smartphone et il vous apparaît tel qu’il était conçu à l’origine, suivez un guide virtuel dans votre visite de la ville, etc.

La ville intelligente au service de l’environnement

Les smart cities, c’est rendre l’expérience de la ville user-friendly, mais c’est aussi et surtout permettre aux pouvoirs publics comme aux ménages de mieux consommer et de faire des économies grâce à l’optimisation de la gestion des ressources et, notamment, aux échanges d’information en temps réel. La ville intelligente est une solution de plus en plus plébiscitée dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique et vers la croissance verte. Elle sera notamment à l’honneur de l’Astana Expo 2017, une exposition internationale sur le climat, les énergies renouvelables et la croissance verte dont l’organisation a été confiée au Kazakhstan et qui devrait placer au centre des discussions la question de l’efficacité énergétique.

Le pays, pourtant riche en matières premières fossiles, envisage de faire entrer sa capitale dans le top 50 des villes les plus intelligentes au monde. Quatre projets pilotes ont déjà été lancés, visant à rendre intelligents les éclairages publics, les écoles, une polyclinique et les paiements effectués dans la ville. Cette grand-messe du climat, premier événement de cette ampleur sur les questions environnementales depuis la COP21, sera donc l’occasion d’aborder le développement d’énergies alternatives et de nouvelles technologies pour en maximiser l’usage.

La réalité augmentée rejoint les nouvelles technologies dont l’usage est devenu courant, comme le GPS, le paiement sans contact ou les objets connectés, malgré les inquiétudes récurrentes, notamment au regard de la protection des données à caractère personnelle et du respect de la vie privée des utilisateurs. Si elle peut être récréative, comme avec Pokemon Go, il est essentiel qu’elle soit mise au service de l’intérêt général dans le cadre de projets de développement durable.

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