L’extension de la Garantie jeune massivement rejetée

Manuel Valls avait présenté la nouvelle mouture de la loi travail le 14 mars dernier en annonçant que la « garantie jeune » allait être étendue en vue d’accompagner plus de jeunes vers un emploi. Le Premier ministre avait alors précisé qu’environ 100.000 jeunes allaient bénéficier de cette garantie d’ici la fin de l’année, un nombre qui devrait doubler en 2017 selon ses dires.

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Réservé aux jeunes de moins de 26 ans ne travaillant pas et ne disposant d’aucun diplôme, le dispositif propose un accompagnement poussé, un apprentissage en entreprise ainsi qu’une rémunération mensuelle de 450 euros. Sa durée est d’une année qui peut être prolongée d’une période de six mois suivant les cas. Aujourd’hui près de 500.000 jeunes bénéficient d’un accompagnement lancé par le biais des missions locales, dont environ 35.000 compris dans le cadre des garanties jeunes.

Précarité élevée chez les jeunes

La précarité est élevée chez les jeunes, avec près de 900.000 d’entre eux éprouvant de graves difficultés financières. Une étude d’impact de la garantie jeune rapporte cependant que le nombre de jeunes français qui pourront bénéficier de cette garantie reste difficilement quantifiable. Selon les estimations, l’arrivée de 150.000 nouveaux arrivants dans le dispositif en 2017 aboutirait à un coût de 600 millions d’euros pour l’Etat la même année, soit un effort additionnel de 345 millions d’euros par rapport aux engagements de la loi de finance 2016.

Un tarif qui avait été annoncé dans les grandes largeurs par le ministre du Travail Myriam El Khomri, qui parlait d’une fourchette comprise entre « 450 et 600 millions d’euros. Par ailleurs, le gouvernement précisait que le coût de ce dispositif pour 100.000 bénéficiaires étaient d’environ 420 millions d’euros.

De nouveaux mouvements prévus

Toutefois, chez les jeunes, l’annonce de cette extension n’a pas séduit. Ils ont à nouveau manifesté contre le projet de loi les 17 et 24 mars. Les principales organisations de lycéens UNL, Fidl et SGL, ainsi que le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) ont appelé à rejoindre la CGT, FO et Solidaire pour grossir les rangs d’un nouveau mouvement prévu le 31 mars.

La Fage, deuxième plus importante organisation étudiante, n’a en revanche pas appelé les jeunes à prendre à nouveau la rue, jugeant que la nouvelle mouture du projet de loi laissait le dialogue ouvert aux négociations.

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