Vers la suppression du billet de 500 euros ?

La Banque centrale européenne (BCE) devrait « prochainement » statuer sur la question du billet de 500 euros, envisageant sa suppression. Les arguments en faveur du maintien de la coupure perdraient de plus en plus de leur poids, a déclaré jeudi un directeur de l’institution.

 

Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE a confié au quotidien hexagonal Le Parisien, qui le questionnait au sujet du billet de 500 euros que celui-ci allait au centre des discussions « prochainement ». La plus grosse coupure des 19 pays de la zone euro servirait en effet de plus en plus à des fins illicites, un argument à ne pas ignorer selon M. Coeuré.

Argent sale et terrorisme

Les billets roses ne représentent, dans les faits, que 3% de l’argent en circulation, mais 28% de sa valeur cumulée, d’après les données de la BCE. Ceux-ci seraient par ailleurs utilisés pour transporter de grosses sommes, principalement issues d’activités illégales, alors même que l’UE a décidé de lutter efficacement contre le financement du terrorisme, à la demande insistante de Paris notamment.

La Commission européenne déclarait au début du mois vouloir travailler en partenariat avec la BCE et tous les acteurs concernés pour décider de l’éventuelle mise en place d’une action à ce sujet, et selon Benoît Coeuré, les arguments en faveur du maintien du billet de 500 s’amenuisent. La décision ultime appartiendra au conseil des gouverneurs de la BCE, auquel participent les six membres du directoire et les 19 gouverneurs des banques centrales nationales.

De nombreux experts ont déjà exprimé leurs doutes quant à l’efficacité d’une telle mesure dans la lutte contre la criminalité, précisant que le blanchiment d’argent se faisait plus « de manière dématérialisée », principalement via des sociétés-écrans, assurait ainsi Friedrich Schneider, expert en économie secrète de l’Université de Linz en Autriche, cité dans les médias allemands.

Mais la BCE a une théorie, la suppression du billet de 500 euros aurait un effet secondaire positif sur la circulation de l’argent en zone euro, de par la possibilité de limiter la thésaurisation d’importantes sommes d’argent, ce qui boosterait de fait la dynamique des prix, moribonde, et que la BCE essaye de faire redémarrer.

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