Prix des péages : une hausse annoncée en catimini par les concessionnaires autoroutiers

Si ce n’est pas encore officiellement acté, une hausse se profile. Après un gel convenu pour cette année, les sociétés concessionnaires des autoroutes françaises ont prévu d’augmenter leurs tarifs d’un peu plus de 1% en 2016, rapporte ce mardi « Les Echos ».

Selon le média économique, la proposition de hausse a été présentée le 27 novembre dernier au comité des usagers du réseau routier national par les services de l’État. Ce comité est un organe de concertation rassemblant une vingtaine de membres (de fonctionnaires et des représentants des organisations de routiers, de conducteurs, de motards, d’écologistes, etc).

Le plan de relance autoroutier, conclu le 9 avril 2015 entre l’Etat et les concessionnaires, avait prévu que le gel des tarifs autoroutiers de 2015 serait rattrapé sur plusieurs années. La hausse pressentie pour 2016 devrait également prendre en compte l’inflation, minime cette année.

La ministre de l’Ecologie et des transports Ségolène Royal a de son côté affirmé sur « RTL » qu’une augmentation supérieure à l’inflation était exclue, en vertu de l’accord pris avec les concessionnaires autoroutiers, et même d’être en dessous de cette dernière au vu du « pactole » déjà accumulés par ces compagnies par le passé.

Mme Royal a par ailleurs indiqué ne pas être au courant de cette annonce, et exhorté les compagnies à ne pas profiter de l’effervescence de la COP21 pour « faire passer des annonces intempestives ».

Pour sa part, le secrétaire d’État au Budget Christian Eckert a affirmé que l’augmentation des tarifs ne dépendaient pas d’une « décision budgétaire » ni d’une « décision législative », mais bien de « l’application du contrat entre l’État et les sociétés d’autoroutes ».

Le délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes, Pierre Chasserey, a quant à lui fustigé le « double langage » de la ministre de l’Ecologie, certifiant que cette dernière était déjà au courant de l’augmentation, partant du principe que celle-ci fait partie des contrats conclus avec l’Etat.

Toutefois, il a relevé que le gouvernement pouvait toujours décider d’un nouveau gel, ce qui assurerait la continuité de son action destinée à contenir le prix déjà élevé des péages, une entrée d’argent que toute la sphère avait alors qualifié de « rente » à l’époque.

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