SNCM : il faudra encore patienter avant de connaître l’identité du repreneur

Alors qu’une audience devait avoir lieu ce mercredi, les offres de reprise concernant la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM) ne devraient vraisemblablement pas être étudiées avant le 28 octobre prochain, selon une décision du tribunal de commerce de Marseille, motivée par une demande du procureur de la République.

Placée en redressement judiciaire depuis novembre 2014, la SCNM n’a toujours pas trouvé repreneur, même si quatre potentiels acheteurs sont engagés. La première offre vient de l’armateur franco-tunisien Daniel Berrebi, patron de Baja Ferries (qui se maintient même après que son associé Stef se soit retiré), la deuxième de l’ex-directeur du port de Marseille Christian Garinle, une troisième du groupe corse Rocca, et la dernière de Corsica Maritima, un consortium d’entrepreneurs basés sur l’Ile de Beauté.

Cette nouvelle fenêtre sera ouverte jusqu’au 21 octobre à midi, dans l’attente d’éventuelles nouvelles offres. Cela fait maintenant plusieurs mois que les juges marseillais patientent avant de rendre leur verdict, faute d’avoir trouvé un candidat suffisamment sérieux à leurs yeux.

Mais cette fois, la raison de ce report pourrait venir du dossier Rocca, le groupe corse a en effet demandé un éventuel aval du tribunal afin d’embaucher d’anciens dirigeants de la SNCM en cas de reprise. D’un autre côté, ce laps de temps supplémentaire pourrait permettre à Baja Ferries d’affûter son offre, jugée pour le moment recevable, déposée sans le soutien de Stef.

Stef a changé de cap

Le groupe de transport et de logistique Stef, qui souhaitait récupérer les liaisons avec la Corse assurées par la SNCM, avait décidé de se retirer de la course suite à ce qu’aucune garantie ne lui soit apportée par les autorités européennes de la concurrence à propos du remboursement des 400 millions d’euros d’aides publiques à l’Etat que Bruxelles avaient jugées illégales. Baja Ferries a néanmoins persisté, proposant de reprendre en solo les activités de la SNCM, et assurant qu’un financement de 44 millions d’euros venus d’investisseurs externes était à sa disposition. Cette nouvelle offre prévoit notamment de conserver 750 employés en CDI sur un effectif de près de 1 400 postes.

Pour sa part, Marcel Faure, secrétaire CGT du comité d’entreprise de la SNCM, reste perplexe quant à la proposition de Baja Ferries. Pour lui, le responsable de cette compagnie, Daniel Berrebi blufferait, et serait dans l’impossibilité de reprendre toutes les activités de la SNCM avec les moyens qu’il déclare détenir.

Le patron de Baja Ferries a de son côté déclaré qu’une « meilleure offre » sera bientôt présentée, et prête « pour la prochaine séance », tout en réaffirmant que seule sa société disposait des « moyens financiers » nécessaires au rachat.

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