Compteurs Linky, que faut-il en attendre ?

Le déploiement d’ici 2021 de 35 millions de compteurs d’électricité « communicants » va permettre, selon son constructeur ERDF, économies d’énergie, réduction de la facture pour le consommateur et optimisation de la production électrique, notamment grâce à la méthode de l’effacement, qui consiste à inviter chacun à consommer moins en périodes de pointe. Décryptage. 

En Touraine, 86.000 compteurs Linky ont été posés à titre expérimental entre mars 2010 et mars 2011.

C’est l’un des apports de la récente loi sur la transition énergétique, bien qu’il ait été peu discuté : l’« effacement énergétique », pratique qui consiste à optimiser la consommation des foyers et entreprises en la diminuant lorsqu’il y a risque de surcharge. Au cœur de cette révolution, le compteur « communicant » Linky d’ERDF, qui va remplacer totalement d’ici 2021 le traditionnel boîtier bleu à disque rotatif. 35 millions de foyers et entreprises en seront progressivement équipés.

Concrètement, Linky incitera à infléchir la consommation, en la réduisant lorsqu’une zone verra un excès de la demande par rapport à l’offre. Le défi relevé par ERDF sera de concilier cette réduction de la facture énergétique et cette optimisation de la production électrique avec la conservation d’un niveau de confort acceptable pour les consommateurs. Linky est la première étape des « smart grids » (réseaux intelligents) qui ajusteront en temps réel l’offre et la demande d’électricité en se focalisant sur les besoins individuels de chaque consommateur.

Cette innovation est d’autant plus nécessaire que depuis le début de la présente décennie, certains hivers plus froids que d’autres ont vu une saturation du réseau électrique dans les régions les plus touchées, conduisant parfois à des coupures et au recours à des centrales d’appoint au gaz ou au charbon, consommatrices d’énergies fossiles et fortement polluantes.

Une tendance renforcée par le fait que, comme la France est au cœur de l’Europe de l’Ouest, le réseau français sert de « pont » entre la Grande-Bretagne, le Benelux, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie et l’Espagne. Une situation géographique qui entraîne une relative dépendance de nos voisins vis-à-vis de la production électrique d’EDF, notamment depuis que l’Allemagne et la Suisse ont renoncé au nucléaire.

Une économie d’1,2 milliard d’euros par an

Si la réduction de la facture grâce à l’optimisation de la consommation n’est pas vraiment discutée, des interrogations entourent le coût de la production des compteurs puis de son installation par ERDF, évalué entre 5 et 7 milliards d’euros.

Ce coût, pris en charge par ERDF sur ses fonds propres, est toutefois largement compensé par les économies à attendre. Linky permettra en effet d’éviter la coûteuse démarche du relevé de compteur, qui deviendra automatique, et permettra d’intervenir rapidement en cas d’anomalie réseau. L’Agence pour le développement et la maîtrise de l’énergie (Ademe) a calculé une économie d’1,2 milliard d’euros par an grâce à Linky, soit un amortissement en seulement cinq à six ans. Plus qu’un coût, Linky est en réalité un investissement.

Cette économie — pour le consommateur comme pour l’opérateur — est notamment, on l’a dit, liée à la pratique de l’« effacement énergétique », qui permet de réduire la consommation en périodes de pointe, durant lesquelles l’électricité est, demande plus élevée obligeant, plus chère.

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