Agrochimie : Syngenta décline l’offre de rachat de Monsanto

Monsanto, entreprise vraisemblablement la plus controversée de la planète, entre autres à cause de son combat en faveur des OGM, entend bien agrandir son empire, et par la même son emprise sur l’agrochimie, en s’offrant son concurrent direct, le suisse Syngenta. Mais l’offre de rachat de l’Américain, a été repoussée, jugée trop juste.

Monsanto aurait bien approché Syngenta en vue d’une absorption. Le groupe suisse a confirmé les rumeurs et tractations en annonçant, ce vendredi 8 mai au matin, que l’Américain avait proposait 449 francs suisses (433,50 euros) par action, dont 45% en numéraire, pour reprendre les rênes. Après une brève étude de l’offre, le conseil d’administration du groupe suisse a unanimement déclinée cette proposition, estimant qu’elle sous-évaluait « fondamentalement les perspectives de Syngenta », tout sous-estimant les réactions des autorités règlementaires et civiles de nombreux pays, comme l’assuré le Bâlois.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, Bloomberg s’était avancé en annonçant que l‘Américain avait posé sur la table une somme d’environ 40,5 milliards d’euros, soit 434,46 euros par action, représentant ainsi une surcote de 35,2% sur le cours du Suisse la veille (environ 320,88 euros), à la Bourse de Zurich. L’agence financière affirmait que Syngenta avait aussitôt refusé cette offre, laissant cependant une brèche ouverte en cas d’offre plus conséquente. Le communiqué du Suisse ne laisse pas entendre si cette fenêtre de négociation est toujours ouverte ce matin.

Contrôle du marché

Cette possible absorption du leader de la protection des cultures au numéro un des semences, dans un marché très peu concurrentiel (seuls les géants Dow Chemical, DuPont, BASF et Bayer font office de challengers), pose toutefois un problème vis-à-vis de la réglementation anti-trust. Beaucoup d’ailleurs pensent que le mariage est impossible. Mais l’Américain aurait déjà envisagé une solution qui consisterait à se séparer d’une partie de l’entité fusionnée.

L’Américain semble toujours motivé à créer le plus gros groupe d’agrochimie au monde, et cela, même si le possible transfert du siège de Monsanto en Suisse, envisagé par le groupe en 2014 pour bénéficier d’une imposition plus légère, n’est plus possible depuis les mesures de luttes contre « l’inversion fiscale » ont été adopté par l’administration Obama entre-temps.

A Zurich, l’action Syngenta montait en flèche ce vendredi à l’ouverture, en gagnant près de 20%.

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