AG annuelle de Renault : l’Etat conserve son droit au vote double

Renault n’a pas obtenu gain de cause concernant la résolution éliminant les droits de vote double pour les actionnaires de longue date. Deux tiers des voies étaient effectivement nécessaires pour faire adopter la proposition. En revanche, l’augmentation du revenu de Carlos Ghosn a été validée.

L’AG annuelle de Renault, organisée ce jeudi 30 avril, dégageait des odeurs souffre, principalement en raison du bras de fer engagé entre le constructeur automobile et l’Etat il y a peu.

Et c’est finalement l’Etat qui est ressorti vainqueur de ce désaccord avec Renault. Les droits de vote double accordés aux actionnaires de longue date resteront maintenu, la résolution portant sur le principe « une action = une voix » a été rejetée. Votée à 60,53% (avec un taux de participation de 72,45%), elle requérait deux tiers des voix du quorum pour passer.

Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron s’est félicité de cette « bonne nouvelle cohérente ».

Afin de garantir que le résultat penche de son côté, l’Etat avait porté sa participation au capital de la marque au losange à 19,74%. Même s’il devrait par la suite revenir à 15%, soit le taux qu’il détenait auparavant, l’Etat devrait conserver son ambition de peser au sein de l’alliance que forment Renault et Nissan.

Depuis le rachat de Nissan à la dérive en 1999, Renault contrôle les faits et gestes du Japonais avec un schéma qui n’octroie aucun droit de vote à Nissan. En effet, le Japonais détient 15% du capital de Renault, mais le groupe français contrôle son partenaire via une participation de 43,4% au capital du constructeur nippon.

Hausse de la rémunération de Ghosn

En outre, la hausse de la rémunération de Carlos Ghosn a bien été validée, à 58,8%. Le PDG de l’alliance verra donc ses émoluments grossir de 169% (7,2 millions à la fin de l’année), des actionnaires n’ont pas manqué de critiquer voire même, de huer la décision, lors de l’habituelle séance de questions/réponses.

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