Gaspillage alimentaire : un rapport présente des idées novatrices pour stopper le gâchis

L’ancien ministre de l’Agroalimentaire Guillaume Garot a présenté ce mardi 14 avril son rapport de lutte contre le gaspillage alimentaire, il contient une série de mesures destinées notamment à la grande distribution.

En 2012, le Parlement européen s’inscrivait dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, désirant diminuer de moitié le gâchis à l’orée 2025. Pour Guillaume Garot, actuel député PS de Mayenne, « les bonnes volontés ne suffisent plus », place à l’action. L’ancien ministre de l’Agroalimentaire envisage « une véritable mobilisation collective », soutenue notamment par une meilleure maîtrise des modes de consommation certes, mais aussi des modes de production et distribution.

Le député a ainsi fait parvenir ce mardi son rapport, commandé en octobre par Manuel Valls, aux ministères de l’Ecologie et de l’Agriculture, contenant une série de propositions visant à endiguer cette « dérive ».

M.Garot avait, lorsqu’il était ministre, lancé un Pacte national « anti-gaspi » ( juin 2013), texte qui fait aujourd’hui figure d’ébauche selon lui. Il est temps désormais d’enclencher la vitesse supérieure et « mettre chacun face à ses responsabilités », ceci tout au long de la chaîne d’approvisionnement, autrement dit du producteur au transformateur, et du distributeur au consommateur.

Des mesures pour chaque maillon de la chaîne alimentaire

Dans les faits, l’ancien ministre propose notamment une « interdiction de jeter » et de « javelliser » les aliments pour les grandes et moyennes surfaces, qui pourraient en cas de manquement à cette obligation être sanctionnées. Elles se verraient dans le même temps encouragées à « donner plutôt que jeter », notamment en ayant recours à des associations d’aide alimentaire. Les GMS pourraient également créer des rayons « anti-gaspillage », afin d’inciter les acheteurs à consommer à moindre prix des produits dont la date de péremption approche (cette disposition pourrait en outre s’accompagner d’une meilleure information sur l’état du produit).

Les denrées restantes pourraient également se retrouver dans des circuits de valorisation auxiliaires, notamment pour nourrir du bétail ou pour produire de l’énergie (en utilisant les solutions de méthanisation).

Enfin, les dons alimentaires pourraient se voir défiscalisés pour les producteurs, en cas de surplus de stocks (comme lors du dernier embargo russe).

Pour superviser l’action globale et surtout pour lever les verrous administratifs, Guillaume Garot propose la mise en place d’une agence nationale contre le gaspillage alimentaire.

En France, entre 20 et 30 kg de nourriture sont jetés chaque année par tête, sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, ce chiffre passe à 140 kg par personne. Économiquement, le gaspillage alimentaire ferait perdre environ 12 à 20 milliards.

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