Macron campe toujours sur ses positions au sujet des 35 heures

Pas de « piédestal » pour les 35 heures, telle est la vision d’Emmanuel Macron, elles seraient selon lui à l’origine des maux les plus aigus du monde du travail. L’actuel ministre de l’Économie propose un début de remède : plus de dialogue au sein de l’entreprise et un nouvel encadrement du législateur.

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La loi ne peut empêcher quelqu’un qui désire travailler plus

 

Le discours a visiblement été écouté d’une bonne oreille par la commission parlementaire, devant laquelle le ministre s’est présenté ce jeudi 20 novembre. Pas de remous dans l’auditoire, les 35 heures ne seraient donc plus intouchables, pourtant M. Macron n’y est pas allé avec le dos de la cuiller à leur sujet : un assouplissement doit être effectué car les entreprises se retrouvent bloquées dans leurs efforts de croissance.

« Le cadre légal n’est pas suffisant » selon le ministre, qui critique l’immobilisme en matière d’horaire, justifiant que la loi ne peut pas empêcher quelqu’un de travailler plus d’heures que celles prévues par les dispositions si tel est son souhait. Emmanuel Macron lance donc un appel, il faut selon lui faire en sorte que des accords majoritaires soient entérinés, et qu’ils donnent plus de flexibilité dans certaines zones ou pour certaines filières.

Tempérant ensuite ses propos, le ministre a approuvé l’impact positif de par le passé de la réforme des 35 heures. Effectivement bien reçue par les citoyens et par les entreprises qui embauchèrent plus, elle eu cependant un revers négatif : le jugement négatif du marché du travail français par les étrangers. Les entreprises étrangères désireuses d’investir en France se sont mises à réfléchir à deux fois, même si le cadre des 35 heures hebdomadaires est rarement respecté par les travailleurs de l’hexagone. D’autre part, le bilan social de la réforme est également mauvais, les inégalités au travail auraient crû.

Depuis le début de sa nomination, le ministre a toujours affiché le visage d’un fervent opposant à la sacralisation des 35 heures, et depuis le début, il est dans la ligne de mire des partisans de l’avancée sociale créée par cette reforme. Le débat est officiellement ouvert et la réponse du camp opposé ne saurait tarder.

Techniquement, l’accord national interprofessionnel (ANI) sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi, est prêt, il date de janvier 2013 et il est retranscrit dans une forme légale. D’après ce texte, les entreprises dans une situation délicate auraient la possibilité d’aménager les horaires de leurs employés et de les rémunérer en conséquence, avec plus de souplesse. Il ne manque que la signature d’accords majoritaires pour que le mécanisme soit actionné.

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